Le rapport entre accession à la propriété et mobilitéLe rapport entre accession à la propriété et mobilité26/09/2007 Par Jacques Marseille | Mobilité | 3 commentaires Il y a, selon moi, aujourd'hui dans nos sociétés quelque chose qui est contradictoire: c'est l'aspiration à la propriété et la mobilité. Erik Orsenna : Le président de la République a fait de l’accession à la propriété un de ses thèmes de campagne. Selon vous, quels sont les rapports qu’entretiennent propriété et mobilité ? A partir du moment, et c’est légitime, où vous encouragez l’accession à la propriété, c’est le meilleur moyen de freiner la mobilité. Il y a même des économistes qui ont démontré que plus vous avez un taux de propriétaires élevé, plus vous avez un taux de chômage élevé puisque l’accession à la propriété fragilise ceux qui sont propriétaires. On se rend compte que finalement cette volonté d’encourager la propriété, a créé une mobilité plus grande, mais avec, en contrepartie, un temps de transport plus élevé puisque aujourd’hui, l’encouragement à l’accession à la propriété des milieux modestes les a relégués dans le péri-urbain. Il s’agit de zones improbables, où l’on constate par exemple que le coût du transport est exactement égal à la diminution du prix au m², c’est à dire que le fait qu’accéder à du m² moins cher est largement rattrapé par un coût de transport plus élevé. On constate également que cette mobilité dans le péri urbain a renforcé la ségrégation sociale. Dans les villes du XIXème siècle où la mobilité était plus faible, la mixité sociale dans les villes était évidemment plus forte avec tous les avantages que provoque cela comporte. Aujourd’hui, les couches sociales qui par le passé occupaient les étages supérieurs des immeubles, sont aujourd’hui reléguées dans des quartiers bien déterminés. On observe un renforcement de la ségrégation sociale dans l’espace. En même temps, en accroissant la mobilité et la propriété, vous fragilisez l’emploi, parce qu’évidemment quand vous devez mettre du temps à vous transporter, vous êtes beaucoup plus fragile que quand vous habitez tout prêt de votre lieu de travail (moins de retard etc.). A partir de ce constat, la question est la suivante : est-ce qu’il convient de favoriser le développement de l’offre de transports afin de permettre à des gens modestes de devenir propriétaires en habitant plus loin de Paris ? Ou, faut-il au contraire, encourager le repeuplement social des centres villes en favorisant une plus grande mobilité dans le travail et dans le monde ? |
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29/10/07 15:59 par Armelle
Difficile question : vaut-il mieux être propriétaire à Bussy Saint-Georges ou locataire à Paris ? Chacune des situations a ses avantages et ses inconvénients, les transports restent un élément déterminant mais tout dépend alors de son lieu de travail...
26/10/07 11:28 par Jacques
Je pense qu'il est urgent de repeupler les centres villes. Paris est en passe de devenir une ville musée où seuls les classes supérieurs et les personnes vivant en HLM peuvent se loger. Les classes moyennes disparaissent en périphérie et la question des transports devient alors stratégique. Mais que faire contre la hausse du foncier dans l'ensemble des capitales internationales ? On ne peut rien contre le marché...
03/10/07 11:45 par citoyen
le vrai problème c'est l'inéficacité des politiques publiques très couteuses et des grands discours. Quand on habite en province, dans une ville de 15000 à 20000 habitants on constate que l'offre transport entre villes moyennes est quasi nulle, coûteuse et peu intéressante pour le travailleur car mal pensée (réseau de car ou train Sncf/région ou financés par le conseil général). Nous sommes encore à l'âge des dynosaures, avec des moyens de transports lourds et rigides. En clair, la population qui pourrait être concernée (travailleurs pauvres et moyens) ne peut pas s'en servir car ils sont lents, chers, et les horaires ne correspondent pas au horaires des usines (travail en équipe par exemple). Il semble trop compliqué de mettre en place un réseau de navettes individuelles flexibles à fonctionnement automatiques (3/4 places) sur rails inter-cités qu'on prends à sa guise sans chauffeurs (de bus ou de train) quelque soit l'heure pour se déplacer rapidement d'un point A à un point B (sans permis) et à moindre frais et ainsi aller travailler en laissant sa voiture au garage. Ce n'est pas une conception futuriste du transport car la technologie est là. Mais en campagne on préfère s'étonner que les gens et les jeunes ne soient pas mobiles pour aller travailler quand on sait qu'il n'y a rien de concrêt pour leur faciliter la vie. Même chose sur le logement temporaire des travailleurs qui est inéxistant....et après on nous parle de mobilité et d'écologie?. Ce n'est pas 25 km de rails entre deux villes qui ruinerait la collectivité, d'autant que dans bien des endroits le réseau éxistait et qu'on préfère le laisser pourrir. C'est juste une erreur de concept, la solution c'est la flexibilité et l'indiviudalisation du transport collectif comme dans les parcs de loisirs pour les enfants avec des "voiturettes sur rails"....