L'accessibilité est ce qui rend la ville possible

L'accessibilité est ce qui rend la ville possible

26/09/2007

Par Antoine Grumbach | Urbanisation, Transports urbains | 600 commentaires

Les transports créent-ils la ville ? L'accessibilité est ce qui rend la ville possible dans sa configuration contemporaine, c'est-à-dire dans sa dimension de métropole, de grande mégalopole.

Erik Orsenna : Selon vous, les transports créent-ils la ville ?

Antoine Grumbach: Selon moi, l’accessibilité est ce qui rend la ville possible dans sa configuration contemporaine, c’est-à-dire dans sa dimension de métropole, de grande mégapole.

Je pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas parler de développement urbain sans y associer une véritable politique de transport collectif. Par conséquent, la première des choses, c’est de ne pas faire un seul mètre carré urbanisé en dehors des périmètres déjà urbanisés.

L’expérience nous apprend que tous les endroits qui sont des contraintes aujourd’hui, les fleuves, les grands échangeurs autoroutiers, les zones industrielles tous ces endroits sont les endroits par où cela va bouger. J’appelle cela la dialectique des contraintes. Regardez les fleuves, où l’on déversaient les égouts et que le XVIIIè puis le XIXème siècle ont commencé à structurer. A Londres, on avait commencé un peu plus tôt qu’à Paris et ces lieux sont devenus des sites exceptionnels.

Aujourd’hui, les zones ferroviaires sont peu à peu couvertes et tous les quartiers, tous les endroits négatifs de l’agglomération urbaine sont des lieux potentiellement en transformation.

Je dirai donc que s’il y a avait une politique à énoncer, ce serait celle de l’acupuncture urbaine : quels sont les points sur lesquels on peut intervenir pour pouvoir faire réagir les tissus, ce peut-être une zone industrielle, une caserne, des terrains publics dans lesquels on va intervenir et réaliser quelque chose qui va rayonner en laissant place à l’initiative privée.

Il est contre-productif de concentrer les moyens à un endroit pour essayer de faire la rue parfaite et idéale. Il vaut mieux essayer d’avoir toute une série d’interventions et bien sûr, en fonction des moyens financiers disponibles, de mailler le territoire au niveau des transports en commun.

Je travaille à Rennes en ce moment, il y a un quartier qui s’appelle le « Blone », 8 000 logements, c’était un des plus grands ensembles au Sud de Rennes, le Maire y a fait venir le métro et désormais, il suffit de cinq minutes pour aller de la gare de Rennes à ce grand ensemble : il y a une accessibilité.

Aujourd’hui la transformation de ce quartier est en plein essor, même les habitants commencent à revendiquer d’avoir un quartier plus dense et plus urbain parce qu’il y a de l’accessibilité, parce qu’ils ne se sentent plus enfermés.

Propos recueillis par Erik Orsenna, dans le cadre de la rencontre-débat organisée par la FNTP le 22 mars 2007 sur le thème "Espace et citoyenneté" .


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