Infrastructures d'échange

  1. Etat des lieux
  2. Pistes pour l'action

A propos du rail

« Favoriser la création d’« EUROCAREX », réseau européen de LGV-FRET, initié par « ROISSY-CAREX », en incitant, notamment RFF à libérer des sillons de nuit, afin de créer les conditions d’un report modal Avion/Camion vers le train LGV-FRET. »
Yanick Paternotte, député UMP du Val d’Oise.

« RFF, la SNCF et TLF ont créé en octobre 2004 l’association « Route roulante 2006 » afin de promouvoir les autoroutes ferroviaires en France. L’aboutissement [du projet d’autoroute ferroviaire Luxembourg-Perpignan] illustre l’engagement de TLF en faveur d’un mode de transport efficace tant au plan économique qu’environnemental. »
Rapport d’activité juin 2007 de la Fédération des entreprises de transport et de logistique de France (TLF). Juin 2006.

A propos du fluvial

« Pour rétablir l'équilibre, je crois d'abord nécessaire de doter la France des infrastructures qui lui manquent pour donner leur vraie place au fer et à la voie d'eau. La voie fluviale est depuis quelques années en constante expansion. Un convoi fluvial toutes les ½ heures c'est un camion toutes les 18 secondes. Il faut ouvrir les voies qui relieront entre eux les bassins fluviaux de notre territoire : le canal Seine-Nord, d'abord, puis une première liaison à grand gabarit entre la mer du Nord et la Méditerranée, sur un tracé à étudier activement dès à présent. »
Nicolas Sarkozy lors de la clôture des Rencontres Nationales d'Aménagement du Territoire le 10 octobre 2006.

A propos des ports maritimes

« Les ports du nord de l’Europe sont massivement desservis par la voie ferrée et la voie fluviale, ce qui constitue l’un des points forts de leur compétitivité. »
Premier Président de la Cour des comptes dans le rapport « Les ports français face aux mutations du transport maritime : l’urgence de l’action ». Juillet 2006

Un pacte national des infrastructures de transport

Compte tenu de l'importance des enjeux, écologiques comme économiques, la France doit prendre aujourd'hui à bras le corps la question du transport du fret. 

La profession des travaux publics soutient à cet égard la proposition d’un « Pacte national des infrastructures de transport », à laquelle Nicolas Sarkozy s'est lui-même déclaré favorable pendant la campagne présidentielle.

Ce Pacte serait une loi cadre couvrant l'ensemble de la question des infrastructures de transport (des personnes et du fret), de leur réalisation et de leur maintenance. Elle devrait clarifier les objectifs des projets et les processus de décision et de financement.

Elle serait précédée par une concertation en amont avec tous les acteurs concernés (décideurs locaux, associations, ...) pour prendre en compte l'ensemble des données et notamment la qualité environnementale des infrastructures.

En ce qui concerne le fret,  le pacte devrait notamment soutenir le développement du rail, des autoroutes de la mer et du transport fluvial pour les longues distances et le déploiement de plates-formes logistiques multimodales. Il devrait aussi s’assurer, de  l’entretien, de l’adaptation aux besoins et de l'amélioration de la sécurité du patrimoine routier.

Le rail, une piste prioritaire pour développer la comodalité.

A côté du fret ferroviaire conventionnel, qui consiste à transporter les marchandises à bord de wagons aménagés en citernes ou en bennes, se développe le transport combiné rail-route (encore appelé ferroutage ou autoroute ferroviaire).

Le ferroutage est un de mode transport intermodal, utilisé notamment pour franchir des obstacles naturels et dont le parcours principal est effectué par rail et les parcours d’extrémités par route. Les wagons transportent des conteneurs de marchandises voire directement des camions.

Largement développé en Suisse et en Autriche, le ferroutage est encore peu développé en France. La principale autoroute ferroviaire française est le Tunnel sous la Manche. Deux autres projets de grande envergure sont néanmoins en cours :

  • La liaison Luxembourg-Perpignan, inaugurée en mars 2007, vient d’ouvrir. Prévue pour transporter près de 30 000 camions par an, cette autoroute de 1000 km de long serait la plus longue d’Europe.
  • La Transalpine qui doit relier Lyon à Turin. La France a annoncé son soutien au projet en signant, en juillet, conjointement avec l’Italie, une demande de financement à l'Union européenne de 725 millions d’euros pour la période 2007-2013. Les travaux devraient démarrer en 2011.

Fluvial : Les canaux Seine-Nord et Saône-Moselle

L’ouverture du canal Seine-Nord qui désenclavera le bassin de la Seine et l’ouvrira aux réseaux fluviaux du nord de l’Europe est un impératif. Pensé comme « un système de transport moderne », le canal disposera au long de ses 105 Km de plusieurs plates-formes logistiques trimodales (fleuve, fer, route) qui pourront servir de bases arrière pour les ports.

Tout devrait donc réussir à cette future voie d’échange, qui est ainsi parvenue à s’inscrire  comme maillon central du projet européen plus global de Seine Escaut. A condition que soit résolue la question de… son financement, qui doit mobiliser plus de 3 milliards d'euros auprès de partenaires publics et privés.

Un autre grand projet d'infrastructure fluvial est à l'ordre du jour : le canal reliant la Saône à la Moselle (250 km). En ouvrant le bassin Rhône-Saône au réseau fluvial à grand gabarit de l'Europe du Nord, ce projet permettra d’offrir aux deux ports du Havre et de Marseille, à l’horizon 2025, «  une porte de sortie digne de ce nom » et une alternative au fret routier, expliquait Christian Estrosi, ancien ministre délégué à l'Aménagement du Territoire dans l'Usine Nouvelle du 22 février 2007.

Ports maritimes : A la reconquête des parts de marché perdues

Pour affronter la concurrence européenne en matière portuaire et partir à la reconquête de parts de marché perdues, l’Etat a choisi de soutenir deux ports, en particulier, Le Havre et Marseille.

Le projet de Port 2000 du Havre est la première concrétisation de cette initiative. Sa mise en service intervient dans un contexte européen de congestion des capacités portuaires, ce qui peut permettre au port du Havre de devenir un acteur majeur au niveau continental. Cet effort d'investissement devrait se prolonger avec le projet marseillais de Fos 2 XL.

Cependant, ces investissements resteront lettre morte s’il n’est pas prévu d’intégrer ces nouveaux ports maritimes à des voies de transport terrestres, efficaces et compétitives qui leur permettront de desservir les autres pays européens.

Aujourd'hui « la bataille maritime se gagne à terre », souligne le rapport de la Cour des Comptes « Les ports français face aux mutations du transport maritime : l’urgence de l’action » publié en juillet 2006. Ainsi, poursuit le rapport, pour l'acheminement d'un conteneur entre Lyon et l'Asie, le pré et le post acheminement par voie terrestre représentent le tiers du coût du transport. Cette partie est encore plus forte, de l'ordre des deux tiers, pour les liaisons courte distance.

Gagner cette bataille requiert des donc investissements dans les infrastructures de transport, notamment sur les axes desservant Le Havre et Dunkerque.

En matière ferroviaire, les principaux investissements visent à poursuivre la modernisation de certains réseaux et à contourner les points de congestion des grandes agglomérations.

Les projets fluviaux Seine-Nord et Saône-Moselle apportent également une réponse au désenclavement de ces deux grands ports maritimes (à condition toutefois, pour ce qui concerne Le Havre, que ce port soit équipé d’une écluse à grand gabarit).

Le rôle des collectivités territoriales

Il est à noter que l'Etat n'est qu'un des acteurs de ce secteur désormais ouvert à la concurrence.

Depuis les lois de décentralisation, les collectivités territoriales - notamment les régions - contribuent de plus en plus au financement des investissements des ports et de leurs dessertes et entendent peser sur leurs stratégies.

Depuis peu, les grands armements et les opérateurs de la manutention s'engagent eux aussi dans les stratégies de développement des ports maritimes.


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